dimanche, 08 novembre 2009
Les entreprises confrontées à la montée de l'islam
Un tiers des sociétés se disent préoccupées par les revendications de leurs salariés à l'égard du port du voile, des jours fériés et de la prière.
«La gestion de l'Aïd est un véritable casse-tête», raconte le manager d'un réseau de transport. «La moitié de mes chauffeurs de bus sont musulmans. Quand ils demandent tous à s'absenter ce jour-là, comment fait-on pour assurer 100 % du service ?»
Pour anticiper ces tensions, certaines entreprises distribuent maintenant un calendrier de toutes les fêtes religieuses à leurs chefs d'équipe. Tandis que d'autres s'opposent systématiquement aux «absences pour motif religieux». «Chaque entreprise bricole une place pour Allah. Si les salariés musulmans sont nombreux, ils dictent la norme. Sinon, c'est très aléatoire», résume l'anthropologue Dounia Bouzar, qui publie aujourd'hui les résultats d'une vaste enquête dans le monde du travail. (Allah a-t-il sa place dans l'entreprise ? Albin Michel). Un livre pédagogique où l'on regrette l'anonymat des managers qui racontent, au quotidien, la montée des revendications.
Un tiers des entreprises françaises se disent préoccupées, principalement en Ile-de-France, mais aussi dans le Nord-Est et le Sud-Est de la France, dans les secteurs du commerce, des services et du BTP, selon les résultats d'un sondage Ifop d'avril 2008. «Peut-on licencier une salariée qui se met à porter le foulard ?» questionnent souvent les responsables, lorsqu'ils font appel à Dounia Bouzar pour procéder à un audit. Ou encore «les grandes fêtes de l'islam doivent-elles être considérées comme des jours fériés ?». Pour orienter les entreprises, La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) avait émis un avis en mars dernier. En substance : les demandes religieuses peuvent être refusées uniquement lorsqu'elles pénalisent le service. Un règlement intérieur sera invalidé par la justice s'il interdit le foulard sans motif réel. Depuis, l'association IMS-Entreprendre pour la cité, qui réunit autour de Claude Bébéar de très grandes entreprises, a tenu, elle aussi, à éclairer le sujet avec un guide. Car les demandes débordent désormais le milieu ouvrier. «Dans la banque, où le nombre de cadres est important, on constate une montée des revendications d'ordre religieux. Et dans l'automobile et le BTP, la question gagne les sièges administratifs», assure Benjamin Blavier, d'IMS. Cette nouvelle visibilité alimente la crainte d'une surenchère. «D'ici peu, tout le monde va arriver avec des kippas, des croix et afficher des Christ de partout dans les bureaux», pronostique un DRH à Dounia Bouzar. «Si je tolère la moindre demande, cela va prendre de l'ampleur», s'inquiète-t-il.
Le foulard reste très mal perçu
Si les angoisses sont largement partagées, les règles appliquées sur le terrain varient très largement. Paradoxalement, le ramadan, quoique très visible, «est plutôt bien accepté dans l'entreprise» où il fait figure de tradition culturelle, affirment Lylia et Dounia Bouzar. Dans le BTP, «les DRH sont surtout préoccupés par le risque d'accident car les salariés qui ne se nourrissent pas sont plus affaiblis. Ils aménagent le plus souvent les horaires lorsque leurs salariés pratiquants sont nombreux», expliquent les auteurs. Dans la grande distribution, des «pauses longues» sont prévues à la rupture du jeûne et non à midi. «Le restaurant d'entreprise reste ouvert plus tard et propose de la soupe halal, du lait et des fruits, une sorte de smic vital quoi», témoigne un responsable. Cependant, certains cadres d'origine maghrébine regrettent une communautarisation au faciès : «Je suis athée. Pourtant, on me propose systématiquement de sortir plus tôt», s'insurge Faycal. «C'est comme si l'on disait : aujourd'hui on commémore la montée de Jésus au ciel donc nous finirons tous à 15 heures.»
Si le ramadan est toléré, la prière dans l'entreprise hérisse en revanche la plupart des salariés et des dirigeants. Symboliquement, prier au travail apparaît comme un acte «prosélyte». «Les prières, c'est à la maison», répètent la plupart des personnes interrogées. «Il est hors de question qu'il prie pendant que les autres bossent», juge un responsable. Tandis qu'ailleurs, une salariée s'enflamme : «Pourquoi on le laisserait prier alors que l'on m'a refusé un aménagement d'horaire pour aller chercher mon enfant à la crèche.»
Dans les grandes entreprises, des salles de prière ont cependant vu le jour. Notamment dans l'industrie automobile. Un constructeur français a même aménagé des vestiaires. À l'inverse, une grande marque japonaise «fait signer au salarié un engagement de ne pas pratiquer sa religion sur son lieu de travail» au mépris du droit, affirme Dounia Bouzar.
Quant au foulard, il reste très mal perçu. Sauf pour les postes subalternes, les entreprises aimeraient le proscrire. Mais la jurisprudence ramène «à des critères de droit commun», rappelle l'anthropologue. «Le simple contact avec la clientèle ne permet pas d'interdire le foulard.» Il faut démontrer qu'il contrarie les règles de sécurité, qu'il peut heurter les convictions de l'entourage ou encore qu'il nuit aux performances ou à l'intérêt commercial. Des règles de gestion générales, qui valent pour les revendications religieuses.
22:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : un tiers des sociétés se disent préoccupées par les revendicatio, des jours fériés et de la prière. «la gestion de l'aïd est un v, raconte le manager d'un réseau de transport. «la moitié de mes c, comment fait-on pour assurer 100 % du service ?» pour anticiper, certaines entreprises distribuent maintenant un calendrier de to, ils dictent la norme. sinon, c'est très aléatoire», résume l'anthropologue dounia bouzar, qui publie aujourd'hui les résultats d'une vaste enquête dans le, au quotidien, la montée des revendications. un tiers des entreprises français, principalement en ile-de-france, mais aussi dans le nord-est et le sud-est de la france
mardi, 27 octobre 2009
LA REFORME DES COLLECTIVITES LOCALES : URGENTE ET NECESSAIRE

Quoiqu’en dise la gauche conservatrice, la réforme des collectivités locales est urgente et nécessaire. Depuis 20 ans, tous les gouvernements l’ont réclamée. Aucun n’a eu le courage de l’entreprendre. Cette fois-ci, le gouvernement la conduira à son terme. Il faut en finir, en effet, avec l’empilement des structures, l’enchevêtrement des compétences et l’explosion des dépenses publiques.
Entre 2004 et 2007, les dépenses des collectivités territoriales ont progressé de 50 milliards d’euros. Cette augmentation représente 60 fois le budget du ministère de la Jeunesse et des Sports ! La gauche ment quand elle affirme que la faute en revient à l’Etat qui transfère des compétences sans les moyens financiers. L’impact de la décentralisation n’explique que 11 des 50 milliards.
On ne peut pas avoir d’un côté un Etat qui s’efforce de réaliser des économies sur son « train de vie », qui refuse les augmentations des impôts et qui réduit le nombre des fonctionnaires, et de l’autre côté, des régions et des départements qui multiplient les politiques locales, créent de services concurrents, gaspillent à tout va, et explosent les impôts sans jamais se poser de questions.
La réforme veut aussi donner de la clarté aux structures et à leurs politiques. Il faut mettre un terme aux « doublons » entre les départements et les régions.
Le coeur de la réforme, c’est le rapprochement de la région et du département. Il ne se fera pas de façon autoritaire. Le nouveau conseiller territorial, siégeant à la fois au sein de l’assemblée départementale et de l’assemblée régionale, amènera progressivement et logiquement de la cohérence entre les deux échelons. Il supprimera les politiques concurrentes illisibles ce qui permettra de stopper l’explosion des dépenses publiques.
Afin d’en finir avec des départements et des régions qui font tout et n’importe quoi, qui cumulent les politiques et génèrent de la bureaucratie, la réforme supprimera la compétence générale des départements et des régions. Ces collectivités exerceront leurs compétences et ne feront rien d’autre.
Le projet de loi répond aussi au besoin de légitimité démocratique des intercommunalités en proposant d’élire désormais les délégués communautaires dans le cadre de l’élection municipale, par un fléchage des élus municipaux qui siégeront à l’intercommunalité. L’élection municipale restera l’élection fondamentale de la vie locale. Au total, il n’y aura plus désormais que deux élections locales : celle des élus municipaux et celle des conseillers territoriaux (dont le nombre passera de 6.000 à 3.000).
Le paysage sera plus lisible pour les citoyens qui ne savent plus qui fait quoi, et pour les maires eux-mêmes, parfois perdus entre le département et la région.
Contrairement à ce que disent les élus de gauche qui tremblent pour leurs baronnies et leurs fromages, il n’y a, dans cette réforme, aucune « remise en cause de la décentralisation ». Au contraire, la décentralisation sera à l’avenir plus lisible, moins onéreuse et plus efficace.
14:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump;socialiste; oise; picardie;thiverny;montataire; pcf;npa;soci
jeudi, 08 octobre 2009
Il faut modifier les territoires
La trame départementale date pour l’essentiel de février 1790. Donc, si elle n’est pas désuète, elle est fort ancienne. Si elle était adaptée au XIXe et durant les premières décennies du vingtième aux réalités locales, essentiellement celles d’une France rurale et peu peuplée, se pose à tout le moins depuis vingt ou trente ans la question de la pertinence pour le présent et pour l’avenir de ce découpage départemental. Cette question a déjà été fort souvent abordée.
Par Clemenceau en 1906, dans un discours prononcé à Draguignan où il préconisait d’adapter la carte des collectivités locales en tenant compte de l’évolution des réalités économiques et sociales. Par Michel Debré en 1947, qui proposa de créer 47 grands départements. D’une manière un peu plus indirecte par Valéry Giscard d’Estaing qui indiquait qu’« un jour il faudrait choisir entre la région et le département car il ne saurait y avoir entre l’Etat et la commune deux collectivités intermédiaires ».
Cinq niveaux de pouvoirs publics
Lorsque Jean-Pierre Raffarin initia ce qu’il intitula « l’acte II de la décentralisation », il commença par esquisser l’idée que l’armature territoriale française devait reposer sur le couple Etat-Région, développant ainsi les propos tenus par Jacques Chirac deux ans auparavant dans un discours prononcé à Rennes, discours d’où il ressortait qu’il y avait trop de niveau de collectivités locales en France.
Cela aurait pu être fait en 1982, lors du lancement de la décentralisation ; mais si Pierre Mauroy et Gaston Defferre l’aurait volontiers envisagé, François Mitterrand s’y est fortement opposé. On décida donc de laisser les choses en l’état et c’est ainsi que, sans l’avoir vraiment et rationnellement et politiquement conçu, la France s’est retrouvée – la région étant devenue, par la loi du 2 mars 1982 une véritable collectivité locale – dotée d’une organisation des pouvoirs publics à cinq niveaux : l’Union européenne, l’Etat, la région, le département, la commune. Institutions dont, en outre, l’émiettement est pallié par l’existence de près de quinze mille établissements intercommunaux de coopération.
Après, c’était trop tard, surtout après les transferts de compétences de l’Etat aux départements, intervenus en 1983 et en 1985, auxquels s’est ajoutée, le 1er décembre 1988, la prise en charge, par le conseil général, d’une partie de la politique du RMI. Avec les nouveaux transferts organisés par la loi d’août 2004, songer maintenant à la suppression des départements comme entité territoriale devient presque illusoire.
La région parisienne n’est pas le Massif central
Mais j’estime qu’il ne faut pas poser la question de cette manière en parlant du département « in abstracto ». Si l’on veut vraiment décentraliser, il est certain qu’il faut modifier la carte territoriale française. Car, comportant trop de niveaux institutionnels et, dans chacun de ces niveaux, trop de collectivités, elle n’offre pas, sur le territoire, des entités politiques et administratives suffisamment puissantes pour qu’on leur affecte de manière efficace des compétences de définition et de gestion des politiques publiques transférées vers elles en provenance de l’Etat. Mais si l’on regarde les choses en tenant compte des réalités spatiales, démographiques et économiques, la bonne réponse à la question posée n’est pas, me semble-t-il, « il faut garder le département » ou « il faut supprimer le département », mais : « Quels départements pourrait-on supprimer et quels départements devrait-on garder ? ».
Est-il pertinent de pérenniser l’existence du département de la Seine qui, territorialement, est identique à la ville de Paris ? Est-il intelligent de conserver les départements d’outre-mer, géographiquement identiques aux régions d’outre-mer ? Est-il judicieux de maintenir le département du Rhône, intégré, géographiquement parlant, dans la communauté urbaine de Lyon ? Est-il fonctionnel de découper la gestion publique de l’île de Beauté entre deux département et la collectivité territoriale de Corse ? Ne pourrait-on pas, dans certaines régions aussi, supprimer les départements, comme, par exemple, ce fut évoqué par certains élus pour l’Alsace ?
Il faut sortir de la pensée française qui considère les situations acquises ou les évolutions envisagées de façon homogène, alors que la réalité à laquelle les schémas administratifs et politiques envisagés s’appliquent est très différente. Pour être plus concret, il me semble que lorsque la crise fait rage et que les recettes diminuent, il n'est pas du ressort du contribuable de maintenir le niveau de dépense des collectivités à grand coup d'augmentations d'impots.
Mais il est du devoir de chacun d'agir pour diminuer d'autant les dépenses, le premier acte censé serait donc de réduire les niveaux de services public ( peut on se permettre de financer des structures ou mis bout à bout 20 Personnes interviennent sur un sujet ou 2 à 3 suffirait.
Il est évident que nos élus n'y sont pas favorable, seriez vous prèt à scier la branche sur laquelle vous êtes assis? seriez vous à couper la main qui vous nourrie.
Il est grand temps d'agir, en structurant efficacement notre administration et en diminuant les strates souvent inutile...
07:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : thiverny, oise montataire, creil, communiste, socialiste, upm, vert, écolo, fonctionnaire, public, département, administration